IQALUKTUUTIAQ
Cambridge Bay, Canada
Conclusion

FIGURE CO-01.: Vue sur la baie
En somme, l’analyse de l’aménagement de la collectivité a soulevé des constats tant au niveau culturel, urbain, que bioclimatique. D’abord, il a été conclu que les plans d’urbanisation devraient miser non pas seulement sur la consultation, mais surtout sur la participation engagée. Bien que le modèle aménagé ne soit pas parfait, il respecte sommairement les volontés citoyennes de dégagement de la rive à des fins traditionnelles.
Ensuite, l’évolution de la morphologie en grappe vers la morphologie linéaire du nouveau plan s’éloigne sensiblement de l’idée du noyau central. La perméabilité du territoire est somme toute appréciable grâce à l’appropriation personnelle des chemins informels particulièrement accessibles en hiver. Cette ouverture déambulatoire est amplifiée par les normes culturelles de partage du territoire qui sont chères aux Inuits. Cependant, la connexion entre les anciens et les nouveaux développements reste à travailler. Il faudrait s’assurer que les futurs phases gardent le même esprit de flexibilité. De plus, ces nouveaux ilots se détachent progressivement du noyau fonctionnel de la ville où la mixité des usages est attrayante. Sans équivoque, l’intégration d’une variété d'usage à ces nouveaux quartiers serait importante. Ensuite, la lisibilité du tissu actuel est relativement bonne, car elle conserve une valeur culturelle. Il serait dommage que l’étalement vers les terres centrales occasionne une perte de lisibilité par une déconnexion physique. Également, les changements reliés au climat devraient être réfléchis davantage, car les limites que posent les marres de surface viendront à s’agrandir et limiter les phases d’expansion.
Dans une optique bioclimatique, il peut être difficile pour une communauté telle que Cambridge Bay d’avoir l’opportunité de réfléchir à ces questionnements et encore plus de pouvoir les mettre en œuvre. Toutefois, l’introduction de stratégies d'orientation permettant certains gains solaires passifs, comme dans les nouveaux quartiers linéaires s’étendant sur l’axe sud, serait une ouverture vers une meilleure autosuffisance. D’un point de vue où les changements climatiques imminents réduiront impérativement l’utilisation du mazout et introduiront davantage de vents et précipitations violentes, la planification devrait être faite en conséquence.
Finalement, la ville de Cambridge Bay pourrait, par son plan d'aménagement, prendre en compte davantage les conséquences des changements climatiques qui sont déjà bien enclanchés dans cette région du globe.